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Thèse cinquième : De la Classe
La classe, objet de tous les fantasmes et de toutes les convoitises, est un
élément incontournable de la vie en société (et
qui plus est une société polyglotte comme la notre), car elle
nous concerne tous et régit intégralement notre comportement vis
à vis des autres. Je vais tâcher dans les lignes qui vont suivre
d'exposer les choses à faire et à ne pas faire lorsque l'on désire
atteindre le niveau maximal de la classe : la classe américaine, que
seul le dénommé George Abitbol peut se targuer de posséder.
La classe est partout présente, ne serait-ce que par son absence. Conscient
du fait que la phrase précédente est de nature à heurter
les esprits les plus simples, je m'en explique sans plus attendre : le vide
charismatique entourant les personnes dépourvues d'une quelconque classe
est tel que cet état de fait saute immédiatement aux yeux, et
qu'il est impossible de ne pas le remarquer, à moins d'être un
peintre angolais, réputés pour leur manque de perspicacité
maladif. Ces gens qui n'ont pas la classe, et à l'encontre desquels on
note fréquemment un phénomène de rejet pur et simple, sont
connus sous l'appellation évocatrice de "pauvres", terme qui traduit
parfaitement l'incapacité de ces handicapés de la classe à
évoluer naturellement parmi les gens classes (aussi appelés champions
du monde). Chaque catégorie sociale, culturelle ou autre, possède
ses propres pauvres et ses champions du monde, car ces termes ne sont pas génériques,
et il n'est pas rare de voir qu'un pauvre de la psychothérapie faciale
soit par ailleurs champion du monde d'extermination massive de goélands
farceurs. Il existe cependant des êtres pauvres en tout, que l'on appelle
alors "pauvres de la vie" (l'exemple le plus caractéristique est le cas
de Patrick J. (respectons l'anonymat de ce chanteur décoloré qui
eut son heure de gloire dans les années 70), dont le IQ resta bloqué
sur 7 à la suite d'une erreur de manipulation ma foi fort regrettable).
D'un autre côté, et sans toutefois atteindre la classe américaine
de George Abitbol, certains individus possèdent en eux la "surpuissance",
ce qui les range d'emblée et sans aucune autre forme de procès
parmi l'élite de notre société, et leur assure un niveau
de respectabilité des plus conséquents de la part de leurs congénères
moins bien lôtis, subjugués et le souffle coupé devant tant
de classe. Avant de parler de ce que vous attendez tous en trépignant
sur la tête de votre petite soeur, à savoir les fondamentaux de
la classe, je tiens à rappeler aux lecteurs (qui ont trop souvent tendance
à l'oublier) que la classe ne doit en aucun cas être confondue
avec la coquetterie, faute extrêmement grave, passible d'une peine exemplaire
: les coupables sont copieusement insultés par un bataillon de militaires
afghans de sinistre mémoire, avant d'être molestés par des
troubadours armés jusqu'aux dents de pinces à cornichons en ivoire
massif, jusqu'à ce que mort s'ensuive (et encore un peu après
cela). Leur dépouille sera ensuite traînée par des boeufs
hypermétropes sur un chemin semé de ronces en tous genres, jusqu'à
un lac de montagne où des trolls pygmés la lestent de plutonium
hautement radioactif et l'immergent dans l'eau glacée infestée
de piranhas faméliques portant des casques de spéléologues.
Dura lex, sed lex, on ne plaisante pas avec la classe. En espérant que
ce point soit parfaitement clair dans votre esprit (si ce n'est pas le cas,
relisez le passage précédent à haute voix avec du miel
dans la bouche autant de fois que nécessaire), je vais aborder ce qui
pourrait ressembler à un "Petit Guide de la Classe à l'Attention
des Pauvres" mais qui n'en est pas un (ou alors juste un peu).
La première des choses à ne pas faire lorsqu'on ne veut pas éliminer
toute chance de posséder un tant soit peu de classe est de se livrer
à des batailles de Nutella, batailles au cours desquelles cette denrée
de première nécessité est utilisée afin de barbouiller
honteusement le visage des adversaires. Cette pratique conduit irrémédiablement
à un retrait de permis de classe, ainsi qu'à l'administration
de 10 (à débattre) coups de barre à mine dans la bouche
par un tripier roumain, histoire d'apprendre aux contrevenants le respect du
dieu Nutella. Heureusement, on observe une récidive très faible
(voire nulle), grâce sans doute à ce traitament radical qui nous
vient tout droit des habitudes torturesques de la célèbre Spanish
Inquisition, passée maître dans l'art de faire souffrir les infidèles
de toutes sortes.
Au contraire de la pratique précédemment évoquée,
tout prétendant au titre de "l'Homme le plus classe du monde" se doit
de consommer du Nutella par palettes entières, à n'importe quelle
heure du jour ou de la nuit, n'importe où et avec n'importe quel autre
aliment (même si le légendaire Pain dont il est fait question dans
une autre thèse tient la dragée haute). Cette dégustation,
qui peut se faire aussi bien seul qu'en groupe (dans ce cas, prévoyez
large afin de contenter tout le monde) est emblématique d'un état
d'esprit des plus classieux.
Ensuite apprenez qu'il ne faut jamais (ô grand jamais, comme aime à
le répeter Jean François M.) porter de tongs (qu'elles soient
en caoutchouc, type plage, ou en bois, type nippon). Ce crime, connu sous le
nom de Syndrome du Boulonas par les éminents tongologues hispano-pakistanais,
est sévèrement puni par le Code de la Classe, qui prévoit
(art. 21.638, alinéa B) ni plus ni moins que la mort par inhalation prolongée
de vapeurs de fenouil.
Evitez également d'écouter ne serait-ce qu'un seul instant les
disques de Carlos ou de Mireille Mathieu. Ces individus constituent la lie de
notre société et, à ce titre des exemples frappants de
pauvreté intellectuelle caractérisée, pauvreté qui
rejaillit tout naturellement sur ceux qui daignent leur prêter un quelconque
intérêt et qui s'exposent à recevoir sur la tête d'énormes
vaches normandes , prêtes à vêler, dans leur habit de lumière.
Par contre, dans l'optique de l'accession à la Classe Suprême,
il est de bon ton et parfaitement nécessaire de nourrir vos oreilles
de la voluptueuse neuvième de Ludwig Von, ainsi que de toute autre musique
classique, ou encore de Tom Jones et de "I'm Singing in the Rain", musiques
dont l'apport journalier de classe n'est plus à démontrer (source
: UFSBD).
Dans le même ordre d'idées, il convient de préférer
aux gesticulations à vocation cinématographiques de Jim Carey,
Jerry Lewis et consorts, le visionnage intensif de films tels que : Orange Mécanique,
Le Grand Détournement (aka La Classe Américaine), Clerks, tous
les films des Monty Python, 2001 l'Odyssée de l'Espace, C'est arrivé
près de chez vous, Bernie, La Cité de la Peur, et j'en oublie,
qui sont autant de chefs d'oeuvre qui vous grandissent l'esprit, vous purifient
l'âme et vous propulsent inéxorablement au rang des gens les plus
classes en ce bas-monde.
Abstenez-vous enfin d'appartenir à un des groupuscules suivants : les
mimes et leur gestuelle désarticulée, les clowns pour leur nez
rouge et leurs grimaces, les scouts pour leur mièvrerie, les joueurs
de curling, les pingouins, les nains hydrocéphales et bien d'autres...
Il existe bien d'autres pièges dans lesquels les aspirants à la
Classe Américaine devront éviter de tomber (en vrac : le mangeage
de choucroute prohibé, les émissions de TF1, les boys bands, les
girls bands, les méharis, les blagues de Philippe Castelli, le Portugal,
la mort, Maïté, les mutagènes neurotoxiques, la nuque brisée,
la peste bubonique, les pubs Kinder, les grille-pain...), et il m'aurait été
difficile de les traiter tous. Voyez donc l'étendue de votre tâche,
chers disciples de la Classe et tremblez à l'idée d'appartenir
un jour à ces gens que l'on appelle les pauvres.
MAYBAUM Frédéric
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