|
PARTENAIRES
Logos pour portable,
sonneries, vidéos...
|
THESE XXX : De la Psychopathologie Appliquée
Tuer quelqu'un est relativement mal vu, de nos jours. L'auteur
du crime est généralement affublé de qualificatifs déplaisants
tels que : monstre, maniaque, pervers et j'en passe... Pourtant, qui peut nier
le plaisir qu'il peut y avoir à ôter la vie à un être
innocent et sans défense? Qui ne s'est jamais réjoui de sentir
les os d'un enfant craquer sous ses doigts ou de voir le sang jaillir violemment
d'une carothide fraîchement tranchée ? Et même sans passer
à l'acte, n'éprouvons-nous pas une fascination intense pour les
psychopathes de tous poils, de Jack l'Eventreur à Charles Manson en passant
par Peter Kursten ("le Vampire de Dusseldorf"), de Albert De Salvo ("l'Etrangleur
de Boston") à Andreï Chikatilo ("l'Eventreur de Rostov") en passant
par Ed Gein (qui inspira Le Silence des Agneaux), sans oublier John Wayne Gacy
("Pogo le Clown") ou Abdel Latif Sharif ("El Depredator Psicopato"), dont les
exploits nous laissent partagé entre horreur et admiration, et dont les
noms résonnent encore à nos oreilles comme ceux des héros
de notre enfance ? Entendons-nous bien, il n'est nullement question ici de vengeance,
de crime passionnel ou crapuleux, bref rien de tout ce qui n'est pas totalement
gratuit. Car c'est dans la gratuité que réside la beauté.
Le meurtre pour le meurtre, juste pour le plaisir de voir le visage violacé
et boursouflé, d'où s'exorbitent deux yeux implorants, emplis
de terreur et gonflés de larmes, de sa victime alors que l'on continue
à serrer de plus belle sa gorge, c'est cela qui fait du psychopathe un
artiste, et qui justifie l'engouement à son égard de toute une
génération. Oui, engouement, le mot n'est pas trop fort pour désigner
le phénomène qui s'empare de la jeunesse actuelle éprise
de liberté et avide de nouvelles sensations, qui n'aspire plus, comme
on pouvait l'observer il y a de cela quelques années, à devenir
mafieux ou encore boulanger Bannette, mais rêve plutôt d'embrasser
la formidable carrière de psychopathe. Ainsi, et malgré l'absence
de filière spécialisée dans la formation des jeunes psychopathes,
absence imputable à la négligence et l'incompétence du
gouvernement, de tous temps en retard sur les préoccupations de la jeunesse
et qui préfère dépenser des milliards de francs dans l'organisation
de la Coupe du Monde, évènement futile s'il en est, poudre aux
yeux destinée à amadouer les foules pour mieux occulter les dysfonctionnements
de la société et les malversations du monde politico-économique
("Pour empêcher les peuples de raisonner, il faut leur imposer des sentiments",
Honoré de Balzac), malgré cette absence, disais-je avant cette
parenthèse à forte conotation subversive, on constate une nette
et stupéfiante augmentation du nombre de psychopathes en liberté.
Cependant, la nécessité, pour les psychopathes en herbe, de s'auto-éduquer
possède un inconvénient majeur, puisque parmi les nombreux psychopathes
qui écument les ruelles sombre du monde entier, peu sont dignes de porter
fièrement les couleurs du meurtre gratuit. En effet, les jeunes, manquant,
et c'est bien normal , d'expérience du haut niveau, oublient souvent
de respecter les règles d'or de la spécialité. C'est à
leur attention (mais aussi à celle des autres, car il est bon de rappeler
certains principes, parfois) que j'ai établi une liste de "commandements"
du bon psychopathe, assortis de quelques explications, que je vous livre sans
plus attendre :
1 - Pour ton plaisir uniquement tu tueras : pas question d'assassiner un camarade
de classe qui vient de vous faire une réflexion particulièrement
désobligeante, ou bien la fille qui vient de vous plaquer, aussi tentant
que cela puisse être. Un psychopathe ne doit en aucun cas joindre l'utile
à l'agréable, car, comme il est dit plus haut, c'est de l'absence
totale de motif que résulte toute la jouissance du meurtre.
2 - Ton crime particulièrement sanglant et dégueulasse sera :
veillez bien à rendre la découverte du corps la plus traumatisante
possible, en vous acharnant sur le corps de votre victime, même longtemps
après son passage de vie à trépas. Coupez, tranchez, déchirez,
mordez, brûlez, dépecez, videz, rabotez, brisez, incisez, écartelez,
pulvérisez, martelez, désossez... en un mot : faites-vous plaisir
! On n'est pas au boulot, que diable !
3 - De façon artisanale ton art tu pratiqueras : pas question d'abatttre
froidement qui que ce soit d'une simple balle dans la tête, laissez çà
aux réglements de compte ou aux petites natures. Non, le véritable
psychopathe possède deux armes naturelles, ses mains, auxquelles il peut
toutefois adjoindre, pour varier les plaisirs, une panoplie d'armes blanches,
ou encore tout autre objet qui n'est au préalable pas conçu pour
un tel usage (comme une débroussailleuse, un poinçon, une brique,
je laisse à votre imagination le soin de découvrir le reste).
C'est là que le plaisir est le plus grand, dans l'application mise à
réaliser un crime bien à soi, de se constituer une marque de fabrique.
Nul doute que vous devrez expérimenter souvent avant de trouver le crime
qui vous sied le mieux, mais avec le temps, cela viendra, j'en suis convaincu.
4 - Les ménagères de moins de 50 ans chialer tu feras : si vous
désirez vous faire un nom parmi la masse sans cesse grandissante des
psychopathes en activité, si vous souhaitez que vos hauts faits fassent
les gros titres dans la presse et les journaux télévisés
friands de spectaculaire, faites-vous remarquer en choisissant des victimes
particulièrement émouvantes, telles que les vieux, les femmes
seules ou encore les enfants. Evitez comme la peste les hommes dans la force
de l'âge qui, non seulement sont une source d'ennui car susceptibles de
se débattre, ont de plus un très faible taux de sensibilisation
auprès du grand public.
Bien sûr, ces conseils sont loin d'être exhaustifs, puisqu'ils ne
sont que le fruit de mon expérience personnelle et somme toute limitée
de l'art mésestimé de la psychopathologie appliquée, mais
je pense qu'ils s'avèreront très utiles aux néophytes,
ainsi qu'à tous ceux qui se demandent comment bien débuter dans
cette discipline, qui se révèle à l'usage beaucoup plus
exigeante que l'idée que l'on s'en fait de prime abord. Sur ce, je vais
vous quitter et retourner à mes sympathiques occupations, non sans vous
souhaiter de bons meurtres, et en espérant avoir été d'une
quelconque utilité dans votre apprentissage. Si c'est le cas, j'espère
que vous aurez une petite pensée pour moi la prochaine fois que vous
dépècerez un gosse à la hache ou immolerez une vieille
femme par le feu.
MAYBAUM Frédéric
<< Thèse Précédente - Sommaire de ce tome - Thèse Suivante >>
Haut
de page
|