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Thèse 37 : De la mystérieuse disparition de l'héroine bien aimée du fameux feuilleton pour la jeunesse : Punky Bruster

Souvenez-vous : le milieu des années 80, l'insouciance règne sur la société du monde. Les gens se promènent nus en slip dans la rue et se droguent avec délectation devant des programmes télévisuels psychédéliques de qualité et hallucinatoires tels que Pas de Pitié Pour les Croissants (P.P.P.C., comme c'est étrange...) ou Arnold et Willy. Parmi ces chefs d'oeuvre de la production télévisée se trouve l'ineffable "Punky Bruster", fable sublime aux allures de péplum baroque. Chaque jour, à la même heure, des kilos de gens parfumés au jus de poulpe, euphorisés par le discours hypnotique de la grande prêtresse Dorothée et ses apôtres débiles, suivent béatement et en se jetant des enclumes à la tête tout en chantant YéYé, le parcours initiatique d'une jeune vierge autiste et de son chien pédophile au nom évocateur, Bandit, tous deux hébergés par un vieil eunuque, M. Henry Barnimond (H.B., comme c'est étrange...), dit Le Puant, dans un immeuble insalubre et sordide de la banlieue de Hong-Kong. La série retrace ses amitiés et ses inimitiés avec les autres jeunes du quartier, membres d'un groupe de Satanic Metal (S.M., comme c'est... bon d'accord j'arrête) et adeptes de piercing rectal, les rapports privilégiés qu'elle entretient avec son chien, et ceux de ce dernier avec leur père adoptif Henry. Les tribulations quasi-érotiques de ce trio atypique passionnaient les jeunes et les moins jeunes du monde entier, qui vivaient ainsi en harmonie avec leur corps et leurs fantasmes, jusqu'à ce jour maudit où, contre toute attente et sans crier gare, les chefs du Paysage Audiovisuel Français de sinistre mémoire décidèrent de supprimer de l'antenne cette série d'inspiration divine, cédant lâchement aux pressions financières du lobby carnassier des huîtres perlières du Moyen Orient. Pour des milliards de gens, c'était tout un univers qui s'écroulait, et aujourd'hui, passé le choc terrible de la disparition de cette icone érotico-spirituelle, deux questions restent en suspens : qu'a vraiment vu Punky lorsqu'elle surprit M. Barnimond et Bandit dans le placard à balais ?, et surtout :qu'est devenue cette sale petite pimbêche de merde? C'est à ces difficiles questions que je vais maintenant répondre, mettant ainsi fin à des années d'un doute cruel.
1) Il apparaît clair que Bandit ne laisse pas M. Barnimond indifférent (et réciproquement), et pas seulement à cause de son petit bandana, accessoire vestimentaire caractéristique de cette époque de luxure débridée et de langue de boeuf.
Ainsi, dans l'épisode n°376, intitulé fort à propos "L'oeil vif et le poil soyeux", M. Barnimond profite de manière éhontée de l'absence de Punky, retenue au chevet de sa tante lépreuse à l'article de la mort, pour entrainer Bandit, peu farouche pour l'occasion, dans un placard à balais peu ragoutant et s'y livrer à des pratiques honteuses et que la morale et la loi conjuguées réprouvent. Bien sûr, ces messieurs les censeurs ont pris grand soin de dissimuler ce passage par un écran publicitaire de bas étage, vantant les mérites de je ne sais quelle tarte au chien surgelée, histoire de ne pas choquer les nains de l'époque. Ainsi donc, ce grand moment de télévision comme on n'en fait plus, fut occulté, et lorsque la pub s'arrêta, personne ne comprit pourquoi Bandit boîtait.
2) Depuis la disparition de Punky Bruster, les rumeurs vont bon train. Certains affirment qu'elle mène une vie paisible déguisée en palourdeau, d'autres disent l'avoir vue, s'adonnant au plus vieux métier du monde, partageant son bout de trottoir avec d'autres stars déchues telles que Charly Oleg ou Demis Roussos... Pffff !! Foutaises que tout cela ! Car, grâce à une technique de pieds parfaite, je suis en mesure de vous révéler la VERITE, une vérité bien plus moche encore que tous ces racontards à peine dignes de journaux à scandales comme le Figaro Bonjour.Cette vérité m'est apparue au beau milieu d'un passionnant cours d'électronique promulgué avec soin par le célèbre et non moins psychopathe M. Girolami. Alors que celui-ci s'envolait dans un de ses sermons absurdes dont il a le secret, je remarquai avec stupeur et la complicité d'un co-thésard, qu'il portait à ses pieds des chaussures Nike Air datant à n'en pas douter des années dorées, des années libertines, en un mot : des années 80 ! Tout s'assemblait alors instantanément dans mon esprit, un esprit que ce fourbe, comme s'il redoutait de se voir démasqué tel un vulgaire Jacques Martin, avait lâchement tenté de déstabiliser quelques minutes auparavant en me livrant en pâture au tableau noir (qui, en l'occurence, était blanc), épreuve dont je ne me sortis que par un superbe roulé-boulé avant avec réception sur les oreilles les mains dans le nez qui me valut un méritoire 9.9 en note artistitique du juge roumain (ce qui situe le niveau de performance, mais revenons à nos moutons, ou plutôt "à nos ovins"©, comme le dirait justement le sieur Girolami) : ce maniaque de la diode, ce détraqué mental, sexuellement attiré par les marqueurs Velleda , avait kidnappé la jeune Punky et lui avait sournoisement subtilisé ses chausses dont le style inimitable avait certainement séduit le côté post New Age de ce monstre. Ah, le scélérat ! Ah, le fourbe ! S'en prendre à une fillette innocente !! J'imaginais déjà la pauvre petite raccordée à des centaines de diodes, de tansistors bipolaires, de selfs et de générateurs de tension sinusoidale. Je le voyais lui faisant subir les pires sévices, lui hurlant dans les oreilles, à lui arracher les tympans : "rebouchez votre marqueur !" . Ainsi, la vérité m'éclatait en pleine gueule comme un hamster trop cuit, et après avoir mûrement réfléchi, je décidai que le peuple devait savoir. C'est désormais chose faite, au péril de ma vie et de celle de mon castor domestique, mais la vérité vaut bien qu'on prenne quelques risques. La balle est maintenant dans le camp de la justice qui, après Papon et Pinochet, devra une nouvelle fois faire preuve de sa volonté d'en finir avec les criminels contre l'humanité, en prenant des sanctions qui, je l'espère, seront exemplaires.

MAYBAUM Frédéric

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